Depuis plusieurs années, un constat scientifique s’est imposé dans le monde médical : le mouvement est une véritable thérapeutique non médicamenteuse. Pour encourager cette pratique sécurisée, la législation française a instauré un programme national de promotion de l’activité physique sur ordonnance, renforcé par les lois de 2016 et de 2022.

Pourtant, une question revient fréquemment : comment fonctionne concrètement la prescription médicale d’activité physique, et qui est concerné ? La Haute Autorité de Santé (HAS) a publié des guides précis pour clarifier ce parcours de soin. Voici les points essentiels pour vous repérer et initier votre démarche.

Qui peut bénéficier d’une prescription médicale ?

Contrairement à une idée reçue, l’ordonnance de sport-santé ne s’adresse pas uniquement aux sportifs de haut niveau en rééducation. Les programmes d’Activité Physique Adaptée (APA) sont officiellement validés et recommandés par la HAS pour plusieurs profils de publics :

  • Les personnes atteintes d’une maladie chronique ou d’une Affection de Longue Durée (ALD) (comme le diabète, l’hypertension artérielle, les cancers ou la dépression).
  • Les personnes présentant des facteurs de risque (tels que le surpoids, l’obésité ou la sédentarité).
  • Les personnes en situation de handicap.
  • Les personnes âgées en perte d’autonomie ou présentant des risques de chute.

A noter : Bien que le mouvement soit bénéfique pour tous, sachez que toutes les personnes n’ont pas nécessairement besoin d’un avis médical ou d’une consultation dédiée avant de débuter ou de reprendre une activité physique ordinaire.

La classification de la HAS : 4 niveaux d’intervention

Pour orienter au mieux les patients, la HAS s’appuie sur une classification rigoureuse en quatre niveaux, allant du soin médicalisé à la pratique totalement autonome. Le sport-santé et l’APA s’inscrivent précisément dans ce schéma :

Niveau 1 : La rééducation et la réadaptation

Ce niveau concerne les soins dispensés directement par des professionnels de santé de la rééducation, tels que les masseurs-kinésithérapeutes, les ergothérapeutes ou les psychomotriciens. Il intervient souvent immédiatement après un accident ou une phase aiguë de la maladie.

Niveau 2 : Les programmes en Activité Physique Adaptée (APA)

Il s’agit de programmes d’exercices spécifiques pour les profils à besoins particuliers. Ils sont élaborés et supervisés par des professionnels de l’APA (comme les enseignants en APA-santé) ou des professionnels de la rééducation, toujours en coordination avec le médecin prescripteur.

Niveau 3 : Les activités physiques et sportives ordinaires supervisées

C’est ici que se situe le cœur des offres « sport-santé » proposées notamment par les fédérations sportives (dans le cadre du Médicosport-santé). Les séances sont encadrées par des éducateurs sportifs formés, pour des personnes dont l’état de santé est stable.

Niveau 4 : La pratique en autonomie

Ce niveau correspond à l’activité physique du quotidien (marche, vélo, jardinage) pratiquée de manière indépendante, parfois avec un soutien social (amis, famille).

À quoi ressemble un programme d’APA selon les critères officiels ?

Pour être validé et efficace, un programme de niveau 2 (APA) doit répondre à des critères stricts définis par la HAS :

  • Une structure régulière : Le programme prévoit idéalement 2 à 3 séances de 45 à 60 minutes par semaine.
  • Un contenu ciblé : Les séances combinent des exercices d’endurance et de renforcement musculaire. Selon les besoins spécifiques du patient, s’y ajoutent des exercices d’équilibre, de coordination ou d’assouplissement.
  • Une durée définie : Le programme est initialement conçu pour une durée de 3 mois, renouvelable selon l’évolution du patient.
  • Une approche individualisée : Les exercices sont adaptés à la pathologie et calibrés selon la condition physique, les capacités fonctionnelles et les facteurs de risque de la personne.
  • Une passerelle vers le quotidien : L’objectif final est toujours d’accompagner le patient vers un changement de mode de vie durable, en assurant le relais vers les activités ordinaires de niveau 3 ou 4.

Comment obtenir votre ordonnance ?

La démarche débute toujours dans le cabinet de votre médecin (généraliste ou spécialiste). Lors d’une consultation dédiée, le médecin évalue votre condition physique, vos antécédents médicaux et vos motivations. S’il le juge opportun, il rédige une prescription médicale stipulant les objectifs thérapeutiques recherchés (par exemple : maintien de la capacité motrice, réduction de la sédentarité) et le niveau d’intervention requis.

Muni de cette ordonnance, vous pouvez ensuite vous tourner vers notre structure de sport-santé pour réaliser un bilan initial et commencer vos séances adaptées en toute sécurité.

Références et sources officielles

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